C’est déjà l’Hypernuit


Il est 18h. Une immense file d’attente nous accueille à l’entrée du cabaret botanique. On se faufile, on attend et voilà Bertrand Belin. Qui nous hape dans son univers singulier fait de poésie et surtout de maison. Ou l’inverse, on ne sait plus.

« Je ne sais pas si vous avez remarqué, toutes mes chansons tournent autour des maisons. Je ne sais pas pourquoi en France, on a cette obsession de la maison. » On s’installe dans un silence respectueux. Si les points de similitudes avec d’autres artistes français nous titillent les oreilles (en vrac, l’onirisme d’Alain Bashung, la nonchalance de Gainsbourg, la folie douce de Katerine), l’homme apparaît véritablement singulier. « La prochaine chanson est une chanson garantie sans maison. » La poésie des textes alliée à un jeu de guitare extrêmement élégant (tantôt souple et lisse, tantôt revêche) convainquent; on hésite encore sur les remarques aussi désopilantes qu’absurdes de Bertrand. Oui on est maintenant assez intime avec lui. « Encore que, je ne peux rien garantir, il y a parfois des maisons qui se glissent dans les paroles sans que l’on ne s’en rende compte. » Irrésistiblement moderne, l’interprétation a quelque chose d’intemporel, une vraie performance proche de la musique populaire américaine, une forme de Johnny Cash moderne absolument fascinant. On est ravi et et son univers est désormais le notre. « Ca fait longtemps que l’on ne s’est pas vu, mais-on se reverra bientôt. »

Raphaël Chapalain

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *