Marie-Ève Perron : Un brin de folie

Une pièce, ravagée par une soirée entre jeunes.  Des confettis, des cartons, un canapé dans une posture improbable, presque dressé sur ses accoudoirs, défiant la gravité. Un vrai désordre. Et, au milieu de se désordre, elle. Fille. Fille qui se réveille au milieu de ce spectacle apocalyptique.  Ce chaos, il est aussi dans sa tête.  Dans sa tête où tout est chamboulé. Parce que Gars n’est plus là. Son gars, à elle. Le sien. Qui est parti, a refermé la porte derrière lui, la laissant seule.

Alors oui, c’est le chaos. Sur la scène, dans sa tête, dans son texte, dans ses mouvements, dans ses sentiments. Elle passe du désespoir à l’espoir le plus fou, de la colère, à l’abandon de soi même. Elle veut vomir, refuse toute nourriture, se jette sur les popcorns restants. Elle passe par toutes les étapes de la déception amoureuse, en quelques instants, tantôt criant, tantôt sanglotant. Elle bondit, s’avachit, escalade le canapé, dégringole, se tient droite, perdue.

Elle joue avec les clichés, et nous fait rire, forcément. Elle chante leur chanson à eux, gars, et fille, éperdue d’amour, se saisissant d’une lampe comme micro. Elle imite tous ces proches aux propos stéréotypés, tous ces gens moins proches qu’elle n’hésite pas à égratigner, avec son accent québécois. La voisine du dessous, la cliente du magasin où elle va acheter des fruits, pour se suicider d’une overdose de vitamines. Elle renverse les codes, et nous touche par son impertinence. Même si, parfois, on ne parvient pas vraiment à entrer dans ce spectacle, on regrette d’être laissé sur le bas côté de sa folie…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *