Il venait d’avoir 17 ans…

Mythos tire à sa fin, et déjà, l’heure des bilans approche. Nous sommes conviés, un peu à l’improviste, à un point presse, avec cafés, gâteaux, et officiels à la louche.  Alors, évidemment, on ne se fait pas prier, en gamins curieux de jouer dans la cour des grands. Alors on se glisse dans les coulisses, derrière ces grillages où vous avez toujours voulu jeter un coup d’œil.

On passe par la sortie du fond du Cannibale, on traverse le restaurant des artistes – et de leurs équipes techniques – pour déboucher sur un espace libre, avec un petit buffet installé, en plein air. Cette vue nous suffit amplement pour que nous nous y sentions bien. Il y a une table aussi. D’un côté, la masse des journalistes en tout genre, une vingtaine au total. De l’autre, les officiels. Entre ces deux groupes, sur le côté : vos serviteurs.

Maël Le Goff retrace un rapide historique du festival. Il y a 17 ans, Paroles traverses n’était qu’une association étudiante, aujourd’hui, Mythos est devenu un évènement central de la vie culturelle rennaise. Pour l’équipe, à 17 ans, « on a encore la fougue de la jeunesse, mais en même temps, ça fait un temps que ça existe. » On nous compare le festival à un ado qui aurait le même âge. Soit. Poussons la comparaison plus loin.

17 ans, c’est l’âge des grands espoirs, des premières expériences. Ca, les expériences, il y en a eu. Avec de nombreuses créations artistiques, de nombreux spectacles que les organisateurs eux-mêmes n’avaient pas vus.

17 ans, c’est l’âge des grandes ambitions, et des premiers succès. Là, les chiffres parlent d’eux-mêmes. 35 000 visiteurs (4 000 de plus que l’année dernière). 300 professionnels, 250 bénévoles. 4 200 repas servis, au public comme aux bénévoles. Et plus de 3 000 visites sur ce blog aussi. (Merci, merci !)

17 ans, c’est l’âge des grandes folies. Ca, le projet « la nuit vous appartient » l’a bien démontré, avec ses débordements aux grilles du Thabor, et ces « lapins », ces personnes qui essayent de s’introduire dans le festival, sautent un peu partout, particulièrement là où ils ne doivent pas aller. Pour la finale du samedi soir, les organisateurs ont quand même gardé le contact avec la Préfecture. On ne sait jamais.

17 ans, c’est l’âge des premières déceptions, aussi. L’annulation de la venue de Médine, de l’exposition d’art moderne ATOM.

17 ans, c’est l’âge des difficultés financières, lorsqu’on commence à sortir un peu trop. Dans un contexte de crise économique, les subventions stagnent, les dotations au festival ont diminué au total de 25 000€. « On espère se rapprocher de l’équilibre ».

17 ans, enfin, c’est l’âge des beaux engagements. Les artistes, plus que jamais, ont besoin de parler, de témoigner, de s’ouvrir à la société pour l’éclairer, dire ces mots quand le silence se fait complice. « C’est un acte militant que de monter sur le plateau. »

Mais n’empêche, eh, vous vous rappelez ? 17 ans… Ah, qu’est-ce qu’on s’éclatait quand on avait 17 ans !

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