Cœur de Pirate, en toute simplicité

Le public est extrêmement varié sous le chapiteau du Cabaret Botanique. Le public est varié, des plus jeunes aux plus âgés. On vient en famille, les parents y accompagnent les enfants.  Une jeune fille monte sur scène, s’installe au piano. Rien ne la distingue de l’étudiante moyenne, qui serait présente là par erreur. Mais elle prend le micro, et nous déclare, avec son léger accent québécois : « pour ceux qui ne me connaîtraient pas, je suis Cœur de Pirate. » Puis elle se met à jouer, au piano. Ses chansons, fraîches, douces, touchent toutes les générations, et, au final, tous se laissent emporter par ses mélodies, quel que soit leur âge. De sa voix légère, acidulée, elle chante l’amour, ces sentiments que l’on vit au quotidien. Le son sature un peu sous le chapiteau, mais, finalement, on s’y fait, et on n’y prête plus guère d’attention. Elle joue avec simplicité, et c’est cette simplicité qui nous touche.

Elle parle au public, l’interpelle volontiers. C’est que, comme elle nous l’explique, « là, je me sens seule »… Et, en effet, elle est seule sur scène, sans musicien pour l’accompagner. Alors, elle trouve des parades. Elle joue du piano, de la guitare. Même si, « vous savez, je suis d’une médiocrité à la guitare… » Alors, pour ne pas être déconcentrée, elle demande au public de ne pas taper dans ses mains. Et lorsque vient, au milieu d’une chanson, le moment du solo de guitare électrique… Eh bien, elle s’exécute en toute simplicité. Sans guitare électrique. Elle se trompe dans ses premiers accords ? Elle s’excuse auprès du public, puis reprend. « A la limite, vous allez trouver ça un peu charmant ». Et elle a raison.

Elle nous séduit, nous emporte dans cet univers délicat. Elle parvient à tisser un lien avec le public, qui applaudit volontiers, l’accompagne en battant des mains. Adossée au mur, une collégienne crie, l’acclame, prise dans l’ambiance ; lorsque Cœur de Pirate nous annonce qu’elle ne peut pas faire de rappel parce qu’elle ne peut pas descendre de scène, le public, bon joueur, frappe des mains aussitôt, réclamant une nouvelle chanson. Et, finalement, tous chantent, ensemble, avec elle : « Et moi je t’aime, et toi tu m’aimes encore plus fort ! »

Il y a quatre ans, alors qu’elle venait pour la première fois à Rennes, il n’y avait que 15 personnes pour l’écouter. Cette fois, le Cabaret Botanique est comble. C’est promis, « je reviens quand vous voulez ! »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *