Une très Grande Sophie au Cabaret Botanique

C’est une foule hétéroclite qui attendait la Grande Sophie quand je suis entré dans le superbe cadre du Cabaret Botanique. Jeunes et moins jeunes, petits et grands, connaisseurs ou non, la Grande Sophie rassemble un public très large.

Sophie arrive, sourire aux lèvres et mèche sur les cheveux, toute en simplicité. Quelques mots pour nous dire combien elle, cette habituée de Mythos, est contente de retrouver le festival. On la sent chaleureuse, sympathique, heureuse d’être là et le public est déjà conquis, ravi de la retrouver ou de la découvrir.

Elle commence à chanter. Sa voix est grave, chaude, claire. Puissante indéniablement. Accompagnée d’une basse, d’une batterie et d’un clavier, elle donne envie au public de chanter, de danser et de frapper dans ses mains. On chante d’ailleurs en duo avec elle sur un « Ne m’oublie pas » très rock et on pourrait presque sentir les vitraux rouges et or du Cabaret Botanique trembler.

Mais la Grande Sophie sait aussi se faire plus douce, intime comme lorsqu’elle interprète au clavier « Tu dors », superbe chanson mélancolique extraite de son dernier album. Elle surprend et émeut avec le sombre et magnifique « Depuis le 11 mars », histoire d’amour évoquant la catastrophe de Fukushima. Elle nous offre aussi un moment de grâce ultime quand elle reprend « Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve » écrite par Serge Gainsbourg pour Birkin. Les musiciens quittent la scène (« rassurez-vous ils vont revenir » nous dit-elle) et elle se retrouve seule avec le public. Son cadeau pour le vingtième anniversaire de Mythos. Et quel cadeau ! On en oublie sans peine l’interprétation de Jane Birkin.

Nos Histoires, son dernier album, raconte ses doutes et ses craintes, ses rencontres et ses ruptures, ses espoirs aussi. Sa poésie sincère et généreuse emporte, bouleverse et ne laisse personne indifférent. Mention spéciale et coup de cœur personnel pour « Hanoï » qui me donne immédiatement envie de partir voyager avec elle. Elle n’oublie pas cependant ses premiers succès et livre au public un « Du courage » tout en beauté et en retenue.

La Grande Sophie aime son public et le montre. Très à l’aise, elle change d’instruments au gré de ses envies, réaccorde sa guitare, raconte une ou deux anecdotes, descend dans le public, se moque gentiment de la pluie rennaise,…  « On sent que c’est une belle personne » me confiera une spectatrice à l’issue du concert. Je suis bien d’accord.

Au bout d’une heure et demie il est temps de quitter la Grande Sophie. C’est la dure loi du festival même si on aimerait en entendre plus et que la déception est perceptible chez certains. Qu’importe, on la remercie pour ce joli moment et on espère qu’elle restera fidèle à Mythos encore longtemps !

Arthur Ayraud
Visuel © Titouan Massé

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