Izia : Putain d’animal totem !

Un seul mot pour résumer cette performance : Putain ! Autant pour le nombre de fois où Izia l’a répété tout au long de la nuit que pour la claque que l’on prend en la voyant se tuer sur scène.

Il est 00h20 et, précédée de ses excellents musiciens, Izia débarque sur scène avec So much trouble, titre issu de l’album du même nom sorti en 2011. La fille  de Jacques Higelin met le public déjà chauffé à blanc par la géniale Jain dans sa poche en l’espace de trois chansons.

Malgré deux ou trois chansons moins efficaces en début du concert, la jeune rockeuse montre avec brio et énergie que le rock peut aussi se conjuguer en français. Izia est survoltée comme à son habitude et le public le lui rend bien pour l’avant-dernier concert et dernier festival de sa tournée. Spontanée, franche et drôle, elle n’hésite pas à recadrer son public afin qu’il ne vive pas le concert les yeux rivés sur « ce putain de morceau de plastique qui t’empêche de vivre ta vie » qu’est le téléphone portable. Et elle a raison, ça aurait été dommage de voir ça sur un écran !

Après une heure de concert, Izia sort de scène. Le public en redemande et fait trembler le Cabaret Botanique sous ses pieds. Le groupe remonte sur la petite scène de Mythos, dont on aurait pu douter qu’elle suffise à la chanteuse tant elle dévore l’espace, et joue La Vague, extrait de son denier album. La petite sœur d’Arthur H se fait même le kiff de reprendre le tube dance des années 1990 Freed from desire de Gala : « C’était un fantasme, un fantasme de merde mais putain qu’est ce que c’est bon ! ». Et on ne peut que confirmer, que c’est bon ! Les « ovations debout » comme disent les Québécois ponctuent chaque chanson du rappel et personne ne veut que ça s’arrête. La chanteuse se paie même le luxe de chanter sans micro en transe avec le public pour chœur avant de déclarer « Arrêtez la drogue, montez un groupe et faites des tournées. C’est ça la vie ! ». On ne sait pas à quoi elle se dope mais on veut la même chose ! Elle ne veut pas quitter la scène et promet, visiblement émue aux larmes, de revenir vite avant de sortir définitivement sous une énième standing ovation . Les murmures du public en quittant la salle sont unanimes : Izia est dans la cour des grands.

Izia c’est simple, efficace, brut de décoffrage et sans fioriture. Izia retourne la salle, crache du feu, saute partout. Izia c’est rock et Izia ça fait du bien. Izia c’est ce qu’on attend d’un concert : avoir mal aux mains, aux yeux, à la gorge, avoir les oreilles qui sifflent en ressortant, avoir chaud, danser, sauter, prendre son pied ! Izia c’est même la fille qui arrive à rendre sexy l’asthme et la ventoline. Izia c’est tout simplement une bête de scène qui a su réveiller son animal totem.

Une seule question subsiste : mais comment fait-elle pour avoir toujours autant de voix à la fin du concert ?

Emilio Meslet
Visuel © Nico M (18-55)

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