Spoken Word Tragedy

Parler des gens, des gens qui parlent.

Raconter leur histoire, celle qu’ils se racontent.

Rapporter leurs mots, leurs murmures et leurs cris.

Louïse Emo est sur scène. Mais eux aussi.

Ils parlent par sa bouche, soupirent par ses lèvres, vivent par ses mots.

Spoken Word Tragedy, ça a à voir avec eux.

Ca a à voir avec elle.

Ca a à voir avec toi.

Toi, qui, comme tout le monde, n’écoutes personne,

Puisque personne ne t’écoute.

Mais là, tu n’as pas le choix.

Assieds-toi, dans cette péniche,

Embarque avec elle pour voguer sur les émotions

Qui inondent le bateau et le font couler dans l’eau trouble des passions.

Une escale sur chaque vie, attrapée à la volée.

A la recherche des mots trop grands pour mieux les tuer.

Elle pose ces mots sur des maux, par des cris ou à mi-voix,

Ils s’envolent en prose au gré des lumières, de la musique et des voix.

Et l’on traverse des existences trouvées au hasard.

On passe des frontières, on entre sans frapper.

Mais peu importe, aucune porte n’est fermée.

On se pose dans un patio, un TER ou sur un banc

Avec James, Rose-Monde et Véro qui nous lèguent ce moment

Où ils parlent de leur vie, de leurs réussites et défaites.

L’amour, la prison, le sexe, les enfants

Les emmerdes, le boulot, la drogue et le temps

On s’allume une clope. Puis deux, puis trois.

En fait, on ne sait plus. On parle depuis longtemps…

Et puis on n’a plus le temps.

Alors on s’en grille une dernière, avant de se dire Adieu.

Leurs vies et la nôtre continueront comme Louïse achève son spectacle :

En freestyle.

 

Photo © Loewen Photographie

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