La bulle musicale de Faraj Suleiman

Faraj Suleiman joue du piano d’une façon particulière. Il est totalement courbé, les yeux fermés, son nez touche presque le clavier sur lequel ses doigts virevoltent d’une note à l’autre.

Il semble seul dans sa bulle musicale, qui mêle jazz et classique, tango et musique orientale. Un mélange musical qui touche de façon différente le public : certains dansent timidement tandis que d’autres ne bougent pas et ouvrent grands les yeux, comme hypnotisés par cet homme qui ne parlera pas une seule fois du spectacle, pas même pour se présenter. C’est donc un moment uniquement dédié à la musique qui se déroule sous le chapiteau rouge du Cabaret Botanique. Un moment d’intimité aussi, la salle n’est qu’à moitié remplie, ce qui permet aux spectateurs d’avoir une vraie proximité physique avec le pianiste. La pureté du son, la légèreté de la mélodie et la beauté du Magic Mirror donnent à ces 45 minutes l’envie d’être revécues.

Madeleine de Bressy / © Loewen Photographie